L'ALIMENTATION & LES TROUBLES LIES
 


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L'alimentation du chat est voisine de celle du chien mais elle présente quelques particularités par rapport à celle-ci liées d'une par au comportement des chats et d'autres part à l'existence de certaines pathologies, propres aux félins, liées à l'alimentation.

Que les heureux propriétaires de chats abyssins ne soient pas surpris par leur étonnante gourmandise et leur capacité non moins étonnante d'avaler une quantité énorme (par rapport à leur taille) de nourriture.Les besoins énergétiques d'un abyssin adulte à l'entretien sont de 30% supérieurs par rapport à la moyenne des autres chats.

PHYSIOLOGIE

  • La dentition permet le broyage et la dilacération.
  • L'oesophage est dilatable et permet le passage d'un bol alimentaire de gros volume.
  • L'estomac est volumineux et lui aussi dilatable Contrairement au chien, le chat aime à grignoter tout au cours du jour et de la nuit.

Au niveau de l'intestin, les sécrétions pancréatiques sont puissantes, libérées brièvement dans le temps mais en grande quantité. On remarque surtout une sécrétion importante de lipases (enzymes permettant la digestion des lipides). Le côlon n'a aucun rôle nutritionnel. Il contient une flore bactérienne, dans sa partie transverse, qui synthétise les acides aminés indispensables et les vitamines du groupe B, mais leur absorption n'est possible que dans le côlon ascendant d'où la nécessité de trouver ces substances dans l' alimentation .

LES BESOINS ALIMENTAIRES

L'énergie : elle est exprimée en kilocalorie (Kcal) ou en kilojoule (KJ) d'énergie métabolisable (EM). Cette énergie est contenue dans les matières organiques des aliments.

  • 1 gramme de protéines apporte 4 Kcal EM/g
  • 1 gramme de glucides apporte 4 Kcal EM/g
  • 1 gramme de lipides apporte 9 Kcal EM/g

Chez le chat la digestibilité est meilleure que chez le chien et les chiffres ci-dessus permettent de calculer la valeur énergétique d'un aliment et des quantités à distribuer. Les besoins énergétiques varient en fonction de différents paramètres.

Facteurs intrinsèques (liés à l'animal) Le sexe : pour un même âge, les mâles ont des besoins énergétiques supérieurs à ceux de la femelle Le stade physiologique : croissance, gestation, lactation, pendant ces périodes les besoins sont supérieurs à la normale et l'animal demande une alimentation adaptée.

Facteurs extrinsèques Pour un animal à l'entretien et en bonne santé, la ration d'entretien est suffisante jusqu'à 5 °C. En deçà, les besoins sont beaucoup plus importants . Il est bien rare que nos chats soient soumis à de telles température mais cela reste à noter. Inversement, lors de grosse chaleur, les besoins énergétiques diminuent.

De plus, l'efficacité alimentaire dépend des sources énergétiques.

L'eau : les besoins en eau du chat varient en fonction du reste de son alimentation. Ils sont faibles si les aliments sont humides (80% d'humidité) mais importants si l'alimentation est sèche sous forme de croquettes. L' apport d'eau, dans le dernier cas, doit permettre de couvrir les besoins journalier afin d'éviter l'apparition de certaines pathologies en particulier la formation de lithiases urinaires (calculs urinaires) fréquentes chez le chat.

Les lipides : Les chats utilisent très bien les lipides alimentaires grâce à la lipase pancréatique. Les aliments d'entretien contiennent entre 5 et 6% de lipides par rapport à la matière sèche (MS). L'optimum est atteint pour 10-12% de lipides/MS. Les aliments hyperénergétiques (croissance, lactation, gestation...) contiennent jusqu'à 25% de lipides/MS.

Les glucides : le glucide essentiel est l'amidon (pour les carnivores, en général).Tous les amidons utilisables dans la rations alimentaires doivent être bien cuits (dans le cas d'une ration ménagère). S'ils représentent plus de 45% de cette ration, le surplus n'est pas digéré et est entièrement éliminés.

Les protéines :

  • Les protéines brutes : elles doivent représenter au minimum 30% de la matière sèche ingérée. (digestibilité et valeur biologique moyennes). Variations : croissance :35-40 % de MS ingérée, gestation : en principe l'apport est suffisant si on augmente la ration globale . En fin de gestation et en lactation on peut donner jusqu'à 28-30% de protéines brutes.
  • Les Acides Aminés Essentiels (AAE) : On doit trouver les 10 AA principaux essentiels indispensables dans l'alimentation (comme chez l'Homme). Le déficit en AAE provoquent des pathologies différentes en fonction de l'AAE manquant (dégénérescence rétinienne, hypertrophie cardiaque,processus épileptiforme...). Il faut accorder plus d'intérêt à :
    • La lysine intervenant pendant la croissance.
    • La méthionine et cystéine , AA intervenant dans la croissance, la production pilaire. Ces deux AA interviennent aussi dans la production de la félinine, AA soufré excrété dans l'urine lors du marquage urinaire.
    • L'arginine, intervenant dans le métabolisme protéique par détoxification de l'ammoniaque donc intervenant dans le cycle de l'urée, est particulièrement importante chez le chat dont les apports protéiques sont relativement élevés. Les besoin en arginine sont de l'ordre de 1% de la MS. La carence en arginine est si grave qu'un seul repas déficient peut entraîner les symptômes d'une élévation de l'ammoniémie c'est-à-dire d'une montée de l'urée avec vomissements et troubles nerveux. Cette intoxication brutale peut mener l'animal à la mort.
    • La taurine est liée au cycle de la méthionine et de la cystéine. Elle est essentielle dans le métabolisme des sels biliaires. Chez le chat adulte, les enzymes qui permettent la conversion de la cystéine et de la méthionine en taurine sont peu actives. De plus, la taurine ainsi produite est en partie détruite dans le métabolisme biliaire directement dans l'organisme. C'est pourquoi un apport externe est obligatoire. Lorsque le régime alimentaire est nul en taurine et que l'apport en cystéine et méthionine est faible, vont apparaître les symptômes de cette carence touchant des fonctions telles que : la vision, la contractibilité cardiaque, motrices, neurologique, reproductrice, immunitaires et audition. Elle est nécessaire au développement du foetus et au bon développement du chaton qui ne peut pas du tout la synthétiser en raison de l'immaturité de son système enzymatique. Les besoins en taurine du chaton sont de 0.5g/kg/jour. Ceux de l'adulte sont de 10 mg/kg/jour. Généralement les apports conseillés sont de 1000mg/kg dans les aliments secs et de 2500 mg/kg pour les aliments humides.
  • Les sels minéraux : Le calcium (Ca) et le Phosphore (P) sont importants. Le rapport Ca/P chez l'adulte à l'entretien est compris entre 1.2 et 2. Chez le jeune en croissance, il est de 2 à 2.5. Les besoins en cuivre(Cu) sont de 7 - 10ppm. La carence en cuivre entraîne une décoloration des poils. Les besoins en manganèse (Mn) sont de 5 ppm ( l'excès chez le siamois entraîne un noircissement des poils).Les besoins en magnésium (Mg) sont de 0.8-1.4% de MS ingérée. Ceux en zinc (ZN) de 50 ppm. Idem que pour les AAE, le déficit ou l'excès de sels minéraux peut entraîner des pathologies.
  • Les vitamines : Elles sont sensibles à la chaleur et à la congélation. (vit A D E et B sont rajoutés dans les rations industrielles).
  • La cellulose : Elle représente 1 - 5% de la MS ingérée, elle représente les fibres alimentaires et son % est augmenté dans les rations alimentaires des animaux obèses.

RATIONNEMENT

  • La ration ménagère : C'est la ration préparée à la maison par le propriétaire à partir d'ingrédients frais. On utilise trois sources alimentaires : les protéines (viandes : poissons, volailles ,agneau, boeuf...), l'énergie (féculents : pâtes, riz, céréales), le lest (légumes riches en cellulose pour le transit digestif).Les rations ménagères sont souvent déficientes en sels minéraux notamment en Ca. La composition de cette ration doit varier en fonction des besoins physiologies de l'animal notamment des ses pathologies : obésité, insuffisances rénale, hépatique, cardiaque ...
  • Les rations industrielles : elles se présentent sous deux formes : les formes semi- humides ou boîtes et la forme sèche ou croquettes. Elles sont souvent moins onéreuses que la précédente car elles sont complètes et donc en général plus équilibrées et il n'est donc pas nécessaire de faire les adjonctions nécessaires à la ration ménagère notamment au niveau des AAE, vitamines, sels minéraux...(PS : attention à l'alimentation industrielle "tout venant" qui n'est pas forcément la meilleure ni la moins chère). De plus, nous pouvons trouver actuellement sur le marché, un éventail tellement important, en restant sur de l'alimentation diététique et de qualité, dans les rations sèches que les croquettes peuvent être utilisées à bon escient. Non seulement, il existe des gammes physiologiques très entendues en fonction de l'âge, du poids, du goût de chaque chat, de la gestation, de la croissance ,mais il existe aussi des gammes plus spécialisées pour les animaux malades qui permettent de les nourrir au mieux. Certains aliments sont même de véritables traitements notamment dans les pathologies urinaires . Malgré ce, certains restent des adeptes de l'alimentation ménagère mais nous pouvons aussi bien adopter une alimentation mixte qui satisfera tout le monde. N'hésitez pas à prendre conseil auprès de votre éleveur ou de votre vétérinaire.
     

LES PATHOLOGIES ALIMENTAIRES DES CARNIVORES

  • L'obésité : C'est une affection type mais hélas ultra répandue. (Une grande marque organise même chaque année un challenge minceur avec voyage à la clé!). Par définition, l'obésité est une surcharge pondérale se traduisant dans un premier temps par une disgrâce esthétique relative puis dans un deuxième temps, à moyen et long terme, par l'apparition de différents symptômes liés à une surcharge lipidique, une augmentation de poids, une augmentation de travail des articulations, et une augmentation de travail des organes cardio-vasculaires. Tout cela entraîne une diminution de l'espérance de vie. Bien sûr il faut éliminer les autres causes d'obésité que sont les problèmes hormonaux (hypothyroïdie, syndrome de Cushing ( insuffisance surrénalienne))ou diabète insulinodépendant. Quand l'on est certain que l'obésité est bien d'origine alimentaire , il faut établir un plan de rationnement afin de ramener le chat à un poids moyen optimal au standard de la race. Le point le plus important lors de la mise en place de ce plan diététique est, bien sûr, la coopération du propriétaire car sinon le régime sera peu ou pas suivi. Une fois cette coopération acquise, le traitement est d'autant plus long que la surcharge pondérale est importante. pour une surcharge compris entre 15 et 20 % du poids théorique il faut de 5 à 7 semaines pour retrouver ce poids optimal. Pour une surcharge de 20-30%, 7 à 9 semaine et pour une surcharge de 30 à 50 %, de 11 à 13 semaines. Il ne faut pas hésiter à étaler ces délais dans le temps. Pendant la durée du traitement , le niveau alimentaire de l'animal ne doit pas dépasser 60% de l'apport énergétique théorique dont l'animal aurait besoin s'il avait un poids optimal. On utilise deux types de rationnements : Rationnement ménagé : il faut augmenter la qualité de la viande et donner de la viande maigre (poisson, volaille),supprimer les féculents et augmenter la quantité de lest donc de légumes. Cet apport augmenté de légumes permet d'augmenter le bol alimentaire tout en diminuant l'énergie. L'animal a ainsi une sensation de satiété. Reconnaissons que ce qui paraît de prime abord très facile se révèle ardu pour l'animal concerné c'est-à-dire notre chat. En utilisant ce type de régime nous constatons souvent des carences alimentaires du à la difficulté de faire avaler certains aliments au chat souvent difficile. Alimentation diététique : aliments complets pour chats obèses sous forme de croquettes ou de boîtes. Ces aliments sont simples d'utilisation, complets, leur niveau énergétique est faible grâce à l'apport des légumes et donc de cellulose (15-20%). Les protéines doivent rester de bonne qualité, les vitamines et les sels minéraux doivent être en excès.(penser à l'exercice physique, mais moins évident chez le chat que chez le chien).
  • Les urolithiases ou calculs urinaires: C'est la précipitation de nombreux organites minéraux dans la vessie ou le rein pouvant amener à la chirurgie voire à la mort.
    • Les struvites ou calculs phospho-ammoniaco-magnésiens : C'est le chef de file des urolithiases. 90% des cas chez le chat. Ils sont dus à la présence de trois substances minérales en excès dans l'alimentation (ammoniaque, magnésium, phosphore). Le traitement diététique permet la lyse des calculs dans la plupart des cas. Les aliments utilisés doivent être d'une bonne qualité biologiques, pauvres en Mg, enrichis en Ca et contenant des acidifiant urinaires . Ils sont excédentaires en vitamines A,C,D la vitamine C en excès étant un excellent acidifiant urinaire.
    • Urolithiases cystiniques : Le régime doit être hypo protidique. Elles représentent 10% des calculs et s'observent surtout chez le mâle. L'origine est génétique par non réabsorption au niveau rénal de la cystine excrété.
    • Les urolithiases uriques : exceptionnelles chez le chat
    • Les urolithiases oxaliques : il faut supprimer toute source d'acide oxalique c'est-à-dire les légumes verts.
  • Les troubles osseux d'origine alimentaire: Cela concerne surtout les populations à risque que sont les animaux âgés ou jeunes qui sont en état de déminéralisation par le biais d'interactions hormonales. Ces pathologies sont de deux types :
    • les ostéodystrophie : trouble du développement des os. Nous pouvons citer : le rachitisme (ostéomalacie) du à une insuffisance de calcium, phosphore et vitamine D, conséquence d'une sous alimentation durant la croissance, les fractures dites "en bois vert" (ostéofibrose) , les os deviennent fibreux en raison d'un déficit en calcium, il y a déformation des os et fractures spontanées, l'ostéoporose durant laquelle il y a insuffisance de synthèse de la trame osseuse par déficit protéique...
    • les chondrodystrophies : trouble des cartilages de conjugaison ou articulaires parmi lesquelles la spondylarthrose qui provoque le blocage des articulations vertébrales, syndrome fréquemment observé chez le chat et qui correspond à une calcification de ces articulations. Elle est due chez le chat à un excès de vitamine A...
  • Les troubles dermatologiques : Les acides gras essentiels notamment contenu dans les poissons, les acides aminées soufrés (cystéine et méthionine, les vitamines A (protection) , E (antioxydant) et B (synthèse des constituants de la peau et des poils) sont obligatoires pour le bon fonctionnement de cet organe qu'est la peau. Dans les oligoéléments, le cuivre permet la synthèse des pigments de la peau et des poils, le zinc est essentiel dans les synthèse protéiques.
  • Les pathologies n'ayant pas une origine alimentaire mais gérées en tout ou en partie par la diététique : Insuffisance rénale aigue ou chronique, insuffisance hépatique, diarrhée chronique, pathologie cardiaque, constipation chronique, diabète sucré, hypertension, affections osseuses... sont autant de pathologies répondant bien au traitement diététique qui , dans de nombreux cas, peut suffire à lui seul à régler les problèmes.

 

Une bonne alimentation, bien adaptée à votre chat est donc essentielle dans le cadre de son hygiène de vie. C'est un point vraiment important à ne pas négliger.


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